Abarat, Tome 1, Clive Barker

Puisque j’ai traversé récemment une passade de relecture, il m’est apparu indispensable d’écrire à propos de ce livre, coup de cœur de mon jeune âge et souvent mal connu. Afin de pouvoir lire le tome 3 (qui malheureusement n’a pas encore été traduit de l’anglais) je me suis donc attelée à cette lecture en anglais.

« Candy Quackenbush s’ennuie à Chickentown, petite ville triste de l’Amérique profonde. Jusqu’au jour où elle pénètre par hasard dans le royaume magique d’Abarat, un archipel composé de vingt-cinq îles mystérieuses aux étranges habitants. Au fil de ses rencontres merveilleuses, émouvantes ou terribles, Candy va découvrir pourquoi cet univers lui semble curieusement familier et pourquoi elle se sent prête à y affronter tous les dangers… Maître incontesté du fantastique, Clive Barker signe avec Abarat une œuvre majeure dans la lignée du Magicien d’Oz. Cette première aventure de Candy au royaume d’Abarat est aussi un beau livre exceptionnel, contenant plus de cent illustrations en couleurs réalisées par Clive Barker lui-même. »

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1-La boisson : Il faut incontestablement une boisson originale, étrange et loufoque pour correspondre à ce livre. Trouver un thé qui s’accorde n’a pas été de tout repos. Et finalement, une petite boîte au fond de l’étagère a fini par me sauter aux yeux. Venue de Toulouse, cette petite boîte n’est autre que ce thé à la violette, et franchement c’est juste ce qu’il faut. Un peu sucré, un peu surprenant, nous voilà partis pour un voyage sur l’archipel de l’Abarat.

2- La friandise : Bon, vous allez me prendre pour une fétichiste de la violette mais en même temps des bonbons à la violette avec le thé à la violette ça relève un peu le goût de la fleur dans le thé et ça complète cette petite bulle de lecture.

chronique

Maintenant que je l’ai lu à deux périodes de ma vie, je peux affirmer qu’Abarat plaira autant aux jeunes lecteurs qu’aux plus âgés. En effet, c’est un livre à plusieurs dimensions, rempli de pensées philosophiques et d’interrogations qui invitent à la réflexion. Tandis que les plus jeunes y découvriront un monde imaginaire bien rempli et une intrigue pleine de rêves, les lecteurs adultes se laisseront surprendre par des personnages complexes et des parallèles étonnants avec le monde actuel. Ainsi sur l’île de Commexocity, Rojo Pixler construit une sorte de dystopie qui appelle à une réflexion autour de l’uniformisation, l’accès à la connaissance…

« Les ténèbres ont toujours eu leur rôle à jouer. Sans elles, comment saurions-nous que nous marchons dans la lumière ? C’est seulement quand leurs ambition prennent des proportions trop grandioses qu’on doit s’opposer à elles, les soumettre et, parfois – lorsque c’est nécessaire –, les neutraliser temporairement. Sur quoi, elles se relèvent, comme il se doit. En dernière analyse, il n’est pas moins honorable de suivre la voie des ténèbres que celle de la lumière, du moment qu’on le fait dans un but défini. » Abarat, Clive Barker, 2002, Albin Michel, p. 347

Les différents personnages de l’intrigue sont vraiment complexes notamment Christopher Carrion (Christopher Gangrène en français) qui apparaît comme un personnage tourmenté, à la fois cruel, sensible et rusé. Il est ainsi difficile de prévoir ses actions et je trouve qu’il est agréable d’assister aux questionnements et stratégies de ce « méchant ». Candy quant à elle, s’échappe d’une vie familiale triste et réalise peu à peu, comment le temps peut détruire une famille (notamment son père). Le personnage de John et ses frères apporte quant à lui une note d’humour et d’ironie.

L’archipel d’Abarat montre l’imaginaire riche et original de Clive Barker. Ce dernier rend son univers facilement accessible et concevable par ses nombreuses illustrations en couleurs qui font beaucoup du charme et de la beauté du livre. L’intrigue, tout comme ces peintures ont en commun ce côté loufoque, magique et inquiétant. Tous ceci non sans rappeler l’univers d’Alice aux pays des Merveilles.

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Si Abarat se présente comme un livre fantaisie classique (une petite fille se retrouve par hasard dans un monde imaginaire), il n’en est rien en réalité. Certains  passages du livres ont un côté oppressant, dérangeant voire un peu glauque (notamment le passage avec Kaspar Wolfswinskel). On retrouve ainsi le côté un peu tordu qu’on connait de Clive Barker lorsque l’on a lu de sa littérature adulte. On perçoit également, par moments, une allure de conte concernant notamment l’histoire de la princesse Boa.

Bref, je vous conseille vraiment de lire ce livre, de vous laisser surprendre par cette intrigue originale (qui prend, si je me souviens bien, encore plus d’envergure dans les tomes suivants) et de voyager un peu avec Candy Quackenbush, jeune fille pertinente et complexe, sur l’archipel d’Abarat.

 

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2 Commentaires

  1. Sita · 15 mai 2016 Sita

    Le martèlement commence à fonctionner, je t’avoue que tu m’as donné envie de m’y plonger avec ta chronique 😉 (ok, la mention d’Alice au pays des merveilles y est peut-être pour quelque chose)

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