Alors voilà : Les 1001 vies des urgences, Baptiste Beaulieu

Malgré son succès et les nombreuses recommandations que j’ai reçues, j’ai commencé ce livre sans grandes convictions. J’étais mystérieusement méfiante de son succès et curieuse de voir par moi même le résultat. Bon.. ben ceci est une preuve qu’il faut souvent aller au-delà de la première impression. (Et une leçon de vie, UNE!)

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1- La boisson du cocon : Je vous suggérerais bien deux boissons pour ce livre qui présente, selon moi, deux facettes: celle du service des urgences animé et tumultueux et celle du service de soin palliatif plus silencieux et anxiogène. Donc je vous propose deux boissons au choix selon vos goûts, ou en changeant au cours de votre lecture…

Pour les passages concernant les urgences :Sans hésiter, je vous conseille un jus d’orange. D’abord parce que Baptiste Beaulieu en parle plusieurs fois dans son livre (raison assez simpliste, je vous l’accorde). Ensuite, pour vous donner l’énergie de traverser ce livre plein d’émotions. Enfin, parce que cela résonne avec le bouillonnement et l’agitation continuelle au sein du service des urgences qui est le cadre de ce livre.

Pour les passages concernant les soins palliatifs et la femme oiseau de feu, je vous propose plutôt une tisane relaxante. Et là, je vous recommande la tisane Relax de la marque Pukka  à la Camomille, au Fenouil et à la racine de Guimauve avec un peu de miel pour les gourmands.

2- Le cocon gourmand : Une plaquette de chocolat aux écorces d’orange, pour le réconfort et le goût orangé. Cette friandise, pour des raisons évoquées ci-dessus, coïncide avec l’ambiance du livre.

3- L’ambiance du cocon : Alors à ce stade je vous aurais bien préconisé un lieu affairé tel un banc dans une rue passante ou un boulevard…. Finalement, je vous le déconseille si vous êtes émotif(ve) et vous encourage à rester chez vous avec la boîte de mouchoir à proximité et une couverture toute douce sur vos genoux. Même si je trouve ce livre finalement positif, il y a beaucoup de passages tristes ou émouvants.

chronique

Je crois que la première chose que j’ai à dire sur ce livre c’est : « Que d’émotions !! ». J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu peur, j’ai été en colère, j’ai été surprise, j’ai eu de l’espoir, j’ai été stressée…. Je crois que j’ai rarement ressenti un si grand panel d’émotions au cours d’un seul livre. Le fil conducteur, l’histoire de la femme oiseau de feu, est touchant et plein de questionnements enrichissants sur la vie, la mort, la maladie, le monde… Baptiste Beaulieu nous donne à réfléchir, sans préjugés, sur ces grandes problématiques. Je finis ce livre avec une impression d’avoir évolué. Il fait de nombreuses références et métaphores intéressantes qui nous amènent à nous interroger et à nous remettre en question.

Ainsi, Baptiste Beaulieu nous raconte ses anecdotes avec un altruisme et une bonté formidables. Je dois dire que j’ai été bluffée par la qualité de l’écriture de ce jeune auteur (et blogueur), son humour dévastateur et son humilité. Il nous livre une morale positive sur le monde des soignants, l’hôpital publique, la formation des médecins et, tout simplement, l’humanité. Je vois dans ce livre son engagement pour le non-jugement, la prise en compte de la singularité de chacun et de son histoire.

Certains diront (je l’ai entendu) que ce livre est centré sur lui, que c’est de l’égocentrisme, du « moi je fais bien regardez-moi ». Pour moi, et j’espère que vous partagerez cet avis, Baptiste Beaulieu partage avec nous ses succès, ses erreurs, et son expérience. Il le dit dès le début, les anecdotes ne sont pas que les siennes mais aussi celles de collègues, de connaissances…. Certes il est le personnage principal de son livre mais il ne s’érige pas comme modèle. Il lance un débat, partage son vécu pour nous permettre de réfléchir. Notre société est telle qu’elle juge ceux qui osent parler d’eux, avoir confiance en eux et s’assumer, pourtant le partage d’expériences (d’échecs ou de réussites) reste une grande source d’enrichissement pour l’être humain.

J’entend également d’avance, ceux qui vont parler du monde de « Bisounours ». Alors une fois pour toute, ceci est une posture, une philosophie de vie, mais il n’y a rien de mal à croire en la beauté du monde et de l’humain. Oui, il y a du drame et de la laideur dans ce monde, je ne le nie pas. Il y a aussi des millions de merveilles, et, pour moi, c’est en ayant de l’espoir et en croyant en la bonté de l’humain qu’on nourrit ce monde de beauté. C’est une posture, on la partage ou pas, je comprends ceux qui n’y croient pas. Seulement, respectons chaque posture, et arrêtons de vouloir démoraliser les positivistes, ils sont tout autant nécessaires à ce monde que les négativistes.

Bref, après cette parenthèse « philosophie de comptoir », à la fin du livre, on a presque envie d’aller aux urgences plus souvent pour rencontrer des personnalités si enrichissantes et humaines (j’ai bien dit presque !). Et on comprend mieux, pour ceux qui n’en font pas partie comme pour ceux qui y travaillent, ce monde des soignants et tout particulièrement les médecins qui jonglent avec leurs responsabilités et leurs propres angoisses.

Et un petit extrait qui m’a particulièrement parlé, pour la route :

« Le bien et le mal sont des notions toutes relatives. La première chose que j’ai apprise avec ce métier, c’est que nous ne savons jamais pourquoi les gens sont ce qu’ils sont. On croit les connaître, on les range dans une catégorie : sales cons d’un côté, bonnes personnes de l’autre…Chef Gueulard versus Fabienne. Mais c’est plus compliqué car la vie s’en mêle. Nous ne sommes jamais le fruit du hasard. Personne ne choisit sciemment d’être un salaud : la vie, parfois impitoyable, égratigne notre humanité »

BEAULIEU, Baptiste, Alors voilà : Les 1001 vies des urgences, Fayard, 2013, page 161

Je vous conseille donc grandement ce livre, que j’ai dévoré et que j’espère vous aimerez.

Et vous quel est votre avis? Une idée de cocon?

 

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