All the Wrong Questions, Lemony Snicket

 

 

Pour cette série, j’ai eu du mal à trouver un cocon qui corresponde à la loufoquerie de Lemony Snicket. J’ai cherché un moment…et puis l’évidence s’est présentée….

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1- La boisson du cocon: Une boisson à base de citron, mais bien sûr ! D’abord, parce que le prénom de l’auteur et personnage principal de la série est « Lemony » (de lemon, citron en anglais). Cela occasionne d’ailleurs plusieurs jeux de mots dans le livre (en tout cas en anglais). Ensuite, parce que l’acidité du citron m’évoque le ton piquant et cynique de Lemony Snicket (je n’invente rien, il y a surement pensé avant moi). Instinctivement, j’ai donc pensé à une bonne limonade bien fraîche, voire maison. Mais bon, on entre en automne , et il fait froid alors je vous comprendrai si l’envie n’est pas là. Dans ce cas je vous conseille la tisane Refresh Me de English Tea shop, la marque conseille d’ailleurs sur sa page Facebook d’y ajouter un peu de jus de citron ce que je vous recommande également.

2- La gourmandise dans le cocon: Si vous lisez ce livre avec une envie gourmande je vous conseille sans surprise une tarte au citron.

3- Le lieu du cocon: Enfin, selon les tomes, je conseillerai de lire:

Tome 1 et 2 : Dans une chambre d’hôtel en bord de mer, pour l’ambiance et l’odeur.

Tome 3 : Au coin du feu (je vous laisse découvrir pourquoi) ou dans une très belle bibliothèque.

Tome 4 :  je vous conseille vraiment de lire ce tome dans le train.

chronique

La série des « All the Wrong Questions » étant un préquel aux « Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire », je commencerai ici par vous avouer ne pas avoir terminé la série des orphelins Baudelaire. Cela ne m’a pas posé de problèmes radicaux dans « All the Wrong Questions » si ce n’est quelques incompréhensions de références. Néanmoins, je pense que ce livre doit donner un nouvel éclairage sur l’intrigue des désastreuses aventures.

J’en viens au pourquoi du comment je vous avoue cette faute impardonnable ;-). Lorsque j’avais commencé les orphelins Baudelaire (et abandonné vers le tome 9), je n’avais pas compris l’intérêt de la série, la jugeant répétitive et n’accrochant pas tellement au style de l’auteur. Eh bien non seulement j’avais bien tort mais  je pense avoir compris pourquoi : (suspens)  la traduction ! Effectivement, la traduction des œuvres de Lemony Snicket est très controversée et loin de moi l’idée de relancer le débat ici. Je suis actuellement en train de relire les orphelins Baudelaire en anglais et j’ai lu All the wrong questions dans cette langue également. Je dois dire que, de mon côté, je trouve le style de l’auteur très mal rendu en français. Pour la défense de la traductrice, je dirais qu’il doit être difficile de reproduire l’écriture de Lemony Snicket tant sa plume est excentrique et ses romans construits. Mais tout de même, et je n’engage que moi, je trouve que cette traduction est loin de rendre hommage aux ouvrages de Lemony Snicket et qu’elle m’a détourné pendant (trop) longtemps de ses livres.

Trêves de polémiques, « All the wrong questions » met en scène un jeune détective Lemony Snicket qui enquête sur des affaires visiblement reliées les unes aux autres dans une ville plus ou moins déserte nommée en anglais Stain’d-by-the-Sea. Chaque tome se construit à partir d’une des quatre « mauvaises » questions importantes posées par Lemony Snicket (le personnage) dans son enquête. Je dois dire qu’on voit déjà dans cette construction, la singularité de l’œuvre de Lemony Snicket (l’auteur alias Daniel Handler).

Je crois que ce qui m’a particulièrement plu dans cette série (et on retrouve cela dans les orphelins Baudelaire), c’est son côté surréaliste. On croit à toutes les absurdités décrites très sérieusement et efficacement par l’auteur. Ainsi on trouve cela normal qu’un enfant de 13 ans mène une enquête, et qu’il arrive dans une ville dont la mer a été drainé. On arrive même à voir de la logique quand il explique qu’une forêt d’algues subsiste malgré l’absence d’eau ou que tout le monde enfile des masques lorsque la cloche sonne sans vraiment savoir pourquoi… Non seulement cet univers surréaliste prend forme et nous impose sa propre logique, mais je pense qu’on peut y voir de nombreuses références à notre société.

J’irais donc plus loin et je dirais que Lemony Snicket exagère les incohérences de notre monde. J’aime à croire que ses allusions et ses références sont celles d’un auteur engagé qui nous invite à penser. Je vois dans Ink. Inc., l’entreprise qui pollue la nature pour ses propres intérêts, j’attribue à la tradition des masques une invitation à méditer sur nos propres certitudes, croyances et superstitions. Je prête à ses allusions sur la lecture, les caractères et ses personnages, une volonté de donner une réflexion philosophique à ses lecteurs. Ainsi je trouve que Lemony Snicket nous offre une série qui permet à de jeunes lecteurs d’aiguiser leur sens critique et à de plus vieux lecteurs de beaucoup s’amuser.

Par ailleurs, sa série est très bien construite et on se prend au jeu de vouloir résoudre les enquêtes et énigmes. Et si pour ma part j’ai réussi à deviner quelques petites choses, je dois avouer que Lemony Snicket parvient très bien à me surprendre. On s’aperçoit rapidement que de nombreux détails et références sont distillés çà et là. Ainsi Lemony Snicket s’amuse beaucoup à nous tromper. Finalement, je dirais que ses livres sont presque des expériences interactives.

Enfin, je dois dire que j’ai beaucoup ri pendant la lecture de cette série. Et je trouve que l’humour de Lemony Snicket est particulièrement aiguisé et  intelligent.

En bref je vous conseille cette série, mais en anglais….

Et maintenant c’est à vous…

 

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